Dangers biologiques Cinq catégories de dangers biologiques associés aux aliments pour animaux ont été considérés ici : bactéries, virus, parasites, impuretés botaniques, agents transmissibles non conventionnels. Deux catégories de dangers chimiques, les mycotoxines et phytotoxines ont été arbitrairement associées aux dangers biologiques notamment en raison de leur production par des champignons ou des plantes. Les facteurs antinutritionnels ou facteurs de dénutrition sont des composés chimiques, naturels ou synthétiques, qui interfèrent avec l'absorption des nutriments chez l'homme et les animaux. Ils peuvent être spontanément présents dans la plante. Dans le cadre de cette annexe les facteurs antinutritionnels qui interviennent sur la santé animale en limitant l’absorption des nutriments ne sont pas retenus dans la catégorie dangers sanitaires. Ces facteurs antinutritionnels sont toutefois pris en compte dans les étapes de traitement des intrants visant à les réduire ( extrusion, floconnage…).Exemples de facteur antinutritionnel et végétaux sources : Facteurs antitrypsiques : « La graine de soja, source exceptionnelle de protéines et d’acides gras polyinsaturés, contient de nombreux facteurs antinutritionnels (FAN) qui rendent impossible sa consommation sans traitement préalable. Parmi ces FAN, les facteurs antitrypsiques (FAT) réduisent fortement la croissance des monogastriques en perturbant l’assimilation des protéines et le fonctionnement pancréatique. » (OCL 2015, 22(5) D504, c M. Berger et al., Published by EDP Sciences 2015)https://www.terresinovia.fr/-/reduire-les-facteurs-antitrypsiques-du-soja-par-les-traitements-thermiques Phytoœstrogènes (isoflavonoïdes et lignanes) : Le grain de lin a la plus forte teneur connue en phytoœstrogènes. Le soja présente également une forte teneur en isoflavonoïdes. La surveillance de ces composés est à recommander sur la graine de lin, les produits issus du soja, le trèfle et la luzerne. Cependant des traitements technologiques comme l’extrusion détruisent les isoflavones (Genovese et al., 2007). Une synthèse publiée en 2013 par Woclawek-Potocka et al. décrit les effets négatifs des phytoœstrogènes issus de graine de soja sur les performances de reproduction des vaches. Des études menées chez la brebis, la chèvre et la truie ont montré la similitude d’action des phytoœstrogènes et de l’œstradiol sur le fonctionnement de la thyroïde et les performances de reproduction (Madej et Lundh, 2007). (Avis Anses Saisine n°2015-SA-0076) LISTE LONGUE: Identification des dangers biologiques et chimiques issus des végétaux (mycotoxines, phytotoxines) Agents Transmissibles Non Conventionnels (ATNC) Prions, Encephalites Spongiformes Transmissibles, Encephalite Spongiforme Bovine Bactéries Bacillus cereus, Campylobacter, Clostridium botulinum, Cronobacter, Escherichia coli, Erysipelothrix rhusiopathiae_Maladie du rouget, Listeria monocytogenes, Salmonella, Staphylococcus aureus, Ruminants: Bacillus anthracis_Fièvre charbonneuse, Clostridium perfringens_Entérotoxémie, mycobacterium bovisSuidés: Streptococcus, Yersinia enterocoliticaLièvre: Yersinia pseudo tuberculosis Impuretés botaniques Amaranthe à racine rouge, Chénopode blanc, Cascavelle jaune, Datura, Galega officinal, Porcelle enracinée, Mercuriale vivace, Millepertuis, Morelle noire, Sénéçon du Cap, Sénéçon de Jacob Mycotoxines Aflatoxine B1/B2/G1/G2, Ergot de seigle (Claviceps purpurea et alcaloïdes), Fumonisines, Ochratoxines, Trichothécènes A-T2-HT2/DAS, Trichothécènes B-DON/NIV/FX, Zéaralénone, Citrinine, Sterigmatocystine, Enniatines A et B, Moniliformine, Patuline, Fusaproliférine, Acide fusarique, Toxines d'alternaria (Alternariol (AOH, monométhyl éther d’alternariol (AME), l'acide ténuazonique (TeA), l'alténuène (ALT)) et les altertoxines Parasites Anisakis Phytotoxines ou toxines endogènes des plantes Alcaloïdes tropaniques (Atropine et scopolamine),  Alcaloïdes pyrrolizidiniques ( Echimide, Europine, Héliotrine, Lasiocarpine, Lycopsamine, Lycopsamine, Monocrotaline, Rétrorsine, Sénécionine, Sénéciphylline, Senkirkine, Trichodesmine, Indicine, Intermédine), acide cyanhydrique, acide érucique, essence volatile de moutarde (Isothiocyanate d'allyle), gossypol, linamarine, théobromine, vinylthiooxazolidone Virus Ruminants: Virus de la peste bovine, Virus de la peste des petits ruminants, Suidés: Virus de la Diarrhée Epidémique Porcine (DEP), Virus de la FPA ou Peste Porcine Africaine PPA, Virus de la Peste Porcine Classique PPC, Entérovirus Picornaviridae (maladie vésiculeuse du porc), Virus Nipah. Volailles: Herpesviridae (Peste du canard), Virus ND responsable de la maladie de Newcastle, Influenza Aviaire Hautement Pathogène Lapin: Virus de la maladie hémorragique du lapin (VHD ou RHD) Aquacole : Virus de la tête jaune (YHD) 2. LISTE COURTE ATNC Prions, Encéphalites Spongiformes Transmissibles, Encéphalite Spongiforme Bovine Bactéries Campylobacter Listeria monocytogenes Salmonella Staphylococcus aureus, spécificité MP laitières. Impuretés botaniques Datura Mycotoxines Aflatoxines B1/B2/G1/G2 Ergot de seigle (Claviceps purpurea et alcaloïdes) Fumonisines Ochratoxines Trichothécènes A-T2-HT2/DAS Trichothécènes B-DON/NIV Zéaralénone Citrinine, Sterigmatocystine, Enniatines A et B, Moniliformine Patuline Parasites Anisakis, spécificité matières premières à base de poissons concernés par le parasite Phytotoxines ou toxines endogènes des plantes Alcaloïdes tropaniques (Atropine et scopolamine) Acide cyanhydrique Gossypol Essence volatile de moutarde Théobromine Virus Influenza Aviaire Hautement Pathogène Virus de la Diarrhée Epidémique Porcine (DEP)Virus de la FPA ou Peste Porcine Africaine PPAVirus de la Peste Porcine Classique PPC, Virus de la maladie hémorragique du lapin (VHD ou RHD)           3. RISQUES COUPLES CONTAMINANTS MATIERES PREMIERES La probabilité/fréquence d’apparition du danger a été caractérisée par la notation suivante : 1 Mycotoxines:  résultats des plans de surveillance professionnels systématiquement inférieurs aux 2/3 des seuils réglementaires ou aux seuils professionnels lorsqu'il en existe. Bactériologique: non détecté dans les plans de surveillance professionnels. 2 Mycotoxines:  résultats des plans de surveillance professionnels exceptionnellement supérieurs aux 2/3 des seuils réglementaires ou des seuils professionnels mais inférieurs aux seuils réglementaires ou aux seuils professionnels lorsqu'il en existe. Bactériologique: détection régulière de germes non réglementés et non concernés par des recommandations professionnelles (par exemple détection de Listeria hors monocytogenes). 3 Mycotoxines:  résultats des plans de surveillance professionnels régulièrement supérieurs aux 2/3 des seuils réglementaires ou des seuils professionnels et exceptionnellement supérieurs aux seuils réglementaires ou aux seuils professionnels lorsqu'il en existe et/ou consensus professionnel sur une probabilité d'apparition significative. Bactériologique: détection régulière de germes réglementés sans générer de non-conformité réglementaire ou de germes non réglementés concernés par des recommandations professionnelles. 4 Mycotoxines:  résultats des plans de surveillance professionnels régulièrement supérieurs aux seuils réglementaires ou professionnels lorsqu'il en existe. Bactériologique: détection régulière de germes réglementés générant une non-conformité réglementaire La gravité du danger a été caractérisée par la notation suivante : 1 Impact non étayé 2 Impact sur la performance 3 Impact sur la santé animale ou non-conformité réglementaire 4 Impact sur la santé humaine via la consommation de produits animaux Matrice de criticité et détermination du niveau de risque acceptable (Risque = Probabilité x Gravité) :        Gravité → ↓Probabilité 1 2 3 4 1 1 2 3 4 Risque non significatif : Des bonnes pratiques  permettent  de  maîtriser  la  conformité  des  intrants comme la sélection et l’évaluation des fournisseurs. 2 2 4 6 8 Risque à surveiller : Un plan d’analyses interprofessionnel et/ou de la responsabilité du fabricant  sur les contaminants concernés permettra de vérifier l’efficacité des mesures de maîtrise existantes. 3 3 6 9 12 Risque prioritaire : Des mesures de maîtrise spécifiques chez le fournisseur ou le fabricant d’aliments serviront à garantir la maîtrise des contaminants identifiés. Un plan d’analyses interprofessionnel et/ou de la responsabilité du fabricant sur les contaminants concernés permettra de vérifier l’efficacité des mesures de maîtrise existantes. 4 4 8 12 16 (a) A moduler en fonction des zones géographiques d'approvisionnement, concerne les produits d'importation (b) Occurrence dans grains et ensilage de maïs EFSA (c) Présence du champignon producteur La proposition ci-dessus est générique. La gravité de la présence de mycotoxines peut varier selon les espèces destinataires de l'aliment. DON ZEA T2HT2* FUMO ERGOT AFLA OTA Porc Fort Fort Fort Fort Fort Faible Faible Volailles de reproduction Modéré Modéré Modéré Modéré Faible Modéré Faible Volailles ponte Faible Faible Faible Faible Modéré Fort Faible Vaches laitières Faible Faible Faible Faible Modéré Fort Faible Autres bovins, ovins, caprins Faible Faible Faible Faible Modéré Faible Faible Chevaux Faible Faible Faible Modéré Fort Faible Faible Autres animaux Faible Faible Faible Faible Faible Faible Faible L'analyse des risques pour les virus tiendra compte de la circulation de ce virus dans les zones d'approvisionnement en matières premières animales de l'espèce concernée ou des matières premières végétales pouvant avoir été au contact d'animaux infectés.